Communiqué de presse : Rencontre avec le ministre au sujet de la Charte du Relogement 20/02/20

  • Communiqué de presse d’un centre Ville pour tous

    Rencontre avec le ministre du logement M. Denormandie.

    Un centre ville pour tous a rencontré le ministre du logement et l’ensemble du corps préfectoral jeudi 20 février.
    Partagé sur les motifs de notre présence au vu de l’absence de résultats issue des rencontres précédentes et pour avoir été prévenu la veille, nous nous sommes néanmoins prêtés à cet exercice. Nous avons souhaité porter notre interpellation sur deux niveaux :

    • la gestion locale défaillante de la crise du logement depuis les effondrements de la rue d’Aubagne
    • l’absence de réponses structurelles sur la lutte contre l’habitat indigne.

    Le bilan de cette rencontre est sans appel : il nous a été renvoyé à chaque fois aux autorités locales, quand bien même l’État dispose de nombreuses prérogatives sur le logement.Sur le premier point, alors que les évacuations se poursuivent à raison d’une moyenne d’un arrêté de péril tous les deux jours, nous faisons le constat de trop nombreux dysfonctionnements majeurs et dénonçons la non application de la charte. De nombreuses réintégrations de logements indécents voire insalubres s’opèrent après mainlevée d’arrêtés de périls imminents.
    Les autorités locales « s’appliquent » donc à actionner une procédure de péril imminent en ouvrant tous les parapluies, mais en oubliant la violence du déracinement et une prise en charge humaine des situations, et le règlement des causes profondes de l’habitat indigne : aucun travaux de réhabilitation n’a été réalisé. Le parc des 40 000 logements insalubres de Marseille continuent de s’accroître. La direction municipale de Prévention et de Gestion des Risques, sous la tutelle de l’adjoint au Maire Julien Ruas, aurait pu engager des travaux d’office, mais seuls deux personnes y sont affectées sur l’ensemble de la commune, et aucun travaux n’a été engagé après 15 mois de crise.

    Face à ce constat, nous avons proposé au ministre du logement de reprendre la compétence sur les services d’hygiène délégués à la ville mais de prérogative étatique : refus au motif qu’il fallait laisser faire les pouvoirs locaux.Sur les questions structurelles, nous avons insisté sur le nécessaire accroissement de l’offre en logements très sociaux, et leur rééquilibrage géographique à l’échelle de la commune pour sortir d’une logique déségrégation et offrir à toutes et tous des loyers accessibles.
    Faut-il rappeler qu’à Noailles, 80 % de la population est éligible au logement très social alors que l’offre n’est que de 4% !
    Nos propositions portent notamment sur un abaissement « substantiel » (une préconisation retenue par le commissaire enquêteur lors de l’enquête publique du PLUi par ailleurs) du seuil obligeant les constructeurs privés à réaliser 30% de logements sociaux dans leurs opérations immobilières, en passant ce seuil de 100 logements à 10 logements. Il nous a été opposé un renvoi au règlement du PLUi porté par la métropole qui abaisse ce seuil à 80 logements, un abaissement substantiel pour le ministre.
    Aller au-delà toucherait à la rentabilité des opérations immobilières privées et à l’attrait des investisseurs.
    C’est pourtant jusqu’à présent l’État et non les promoteurs qui finance le logement social, et d’autres grandes villes (Rennes, Grenoble, etc.) ont pourtant abaissé ce seuil !
    Nous avons à ce titre déposé un recours gracieux auprès de la métropole cette semaine.
    Sur la question d’un rééquilibre de logements sociaux par arrondissement, nous nous sommes fait expliquer qu’il ne servait à rien de modifier la loi car elle serait contestée par les maires et non appliquée…
    Voilà la réponse de l’État de droit cher à M. Denormandie.
    Enfin, nous avons une nouvelle fois rappelé que nous souhaitions être présent aux instances de décision du Projet Partenarial d’Aménagement (PPA) dont l’État est acteur avec la métropole.
    Si un engagement a été pris sur l’association des collectifs à la définition des modalités de concertation du PPA, le ministre nous a d’ores et déjà indiqué que nous ne pourrions faire partie de la gouvernance de la future société d’aménagement SPLA-IN…

    Lorsque la ville se fait sans ses habitants, elle se fait contre ses habitants.

    Un Centre Ville Pour Tous.

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