AVIS sur La requalification des espaces publics du Centre-Ville (dans le cadre de la « concertation »)

La Métropole et la Municipalité ont ouvert une concertation à propos de leur Plan de requalification des espaces publics du Centre-Ville.
Un Centre-Ville pour Tous donne ici son point de vue et espère que pour une fois, il sera pris en compte.

En quoi consiste le plan ?

1 – Objectifs et modalités de la concertation :

  • Quels sont les objectifs de cette concertation ? Informer ? Recueillir des propositions ? Quelle est la réelle possibilité d’influer sur le projet?
    Les entreprises étant déjà choisies (sur la base de quel appel à projet ?), nous craignons qu’elle consiste surtout à « faire de la communication » !
  • Une concertation de projet commence par dire les choses clairement et simplement.
    Ici, on ne va pas « planter des arbres » mais « développer un archipel arboré fait de plantations aléatoires … de manière à aménager des clairières ».
    Plus loin : « définir une gamme de mobilier urbain homogène, rationaliser l’implantation de tous les mobiliers et mutualiser les supports »;
    si le « mobilier » revient deux fois dans la même phrase, on peut se demander ce qu’il désigne car pas un banc n’apparait dans les multiples photos du projet ni dans les plans détaillés
    De plus, que signifie « mutualiser les supports ». Ce vocabulaire n’éclaire pas le citoyen, ne lui permet pas de se saisir des enjeux et de faire des choix.

2- Etude d’impact sur la circulation

  • Qu’en est-t-il de l’étude d’impact sur la circulation actuelle ?
    pour les usagers, commerçants, habitants et autres….et sur les nuisances pendant la durée des travaux ?
    Que fait-on pour que la circulation ne devienne pas complètement obstruée et infernale autour de la zone piétonnisée ? Que fait-on pour compenser les places de stationnement qui vont disparaître ?
    Comment le réseau des transports en commun va-t-il pouvoir absorber la population habituellement véhiculée ?
  • Où et quelles pistes cyclables ? (pour ne pas rouler sur des pavés et menacer les piétons)

    3 – Enjeux environnementaux
    La végétalisation et l’arborisation sont des réponses à des problèmes écologiques graves qui concernent notamment la question des sols, celle de l’eau et celle de la chaleur.
  • Les revêtements des sols posent la question de la disparition des espaces non-bétonnés permettant l’absorption partielle des eaux de pluie (et participant à la qualité des sols).
    Des espaces préservés où une micro-vie végétale peut se développer ne peut être que profitable pour maintenir un éco-système dans la ville et ne peut que contribuer à rendre agréable l’usage d’un espace public qui fait une place à la présence de la nature dans la ville.
    « Mettre en place un ensemble de revêtements homogènes et qualitatifs afin de créer une unité de traitement du sol ».
    Cette phrase obscure ne dit pas sur quels critères ont été effectués les choix de matériaux ?

    Il est arrivé à chacun d’aller se promener en été au centre-ville et de se retrouver sous la fournaise du Vieux–Port.
    Quelles réponses apportée en terme d’ombre à part l’ombrière ?
  • A quand une ambition verte sur des espaces verticaux mais aussi horizontaux du centre-ville (pelouses, cours d’immeubles, toits …) pour combattre la progression de la chaleur et sa rétention dans les centre-villes, dans les années qui viennent ?
  • L’attention a été portée sur un éclairage à Led (plus économique en énergie) mais qu’en est-il en terme de répartition sur l’espace public ? Là encore, à quelles exigences l’éclairage doit-il répondre ? Uniquement celles de sécurité ou bien la pollution lumineuse est-elle prise en compte ? (sans compter la question plus esthétique de l’ombre et de la lumière dans l’espace de la ville)

    4 – Amélioration de la qualité de vie sociale dans l’espace public
  • A l’exception du recul de la voiture et du retour de la végétation, il n’y a rien dans ce projet qui prenne en compte l’amélioration de la vie sociale dans l’espace public. En effet, jouir de l’espace public, lorsqu’on est marseillais, c’est pouvoir se balader, flâner, s’asseoir, lire, rencontrer les autres, jouer, pique-niquer (comme sur les plages du Prophète et de Corbière, les pelouses du David ou bien encore avec l’expérience des tables de la Plaine… détruites par les pouvoirs publics), regarder des artistes de rue, écouter des musiciens. Investir ces espaces pour y faire des fêtes ou des vides greniers relève également de pouvoir créer du collectif et de la convivialité dans l’espace public.
    Qu’en est-il dans ce projet ?

    Nous demandons notamment :
    • des aménagements pour s’asseoir (pas seulement des bancs), pour pique-niquer, pour faire de l’ombre (la plupart des arbres replantés sont faits pour la décoration et non pour leur capacité à faire de l’ombre),
    • des toilettes publiques,
      • des espaces sécurisés pour que les vides greniers ne soient plus interdits par les exigences sécuritaires,
    • des espaces pour laisser libre cours au jeu (ballons, pétanque),
      • que le service des emplacements arrête de rançonner les artistes de rue qui mettent de la joie et de la beauté dans nos vies et contribuent grandement à nous réconcilier avec l’espace public.

Conclusions
Le projet se résume pour l’essentiel à la piétonisation et à la végétalisation du pourtour du Vieux Port, de la rue Caisserie à l’Opéra et du Port à l’axe Bd d’Athènes-Cours Lieutaud.
Nous saluons le changement de cap mais déplorons la priorité donnée dans ce projet à « l’attractivité » qui privilégie l’esthétique sur l’utile, alors qu’il faudrait une appréciation fine des usages quotidiens et des enjeux environnementaux à plus long terme.
Aussi nous demandons :

  • que soient communiquées au public, les modalités de la concertation prévues dans le cadre de ce projet de requalification des espaces publics du Centre-Ville.
  • que ce projet soit repris avec la rigueur qui s’impose en questionnant ce qui doit être mis en œuvre pour que les usages indiqués ci-dessus soient soutenus et encouragés ;
  • que les enjeux environnementaux cités ci-dessus soient réellement intégrés dans la réflexion et l’élaboration du projet au-delà de la végétalisation et de la réduction de la voiture dans le centre-ville, autrement dit qu’il y ait une véritable ambition environnementale à tous les niveaux de l’espace public.
  • enfin, que les collectifs, associations concernés (et non uniquement les commerçants et les CIQ) soient invités lors des présentations publiques (Cf. réunion au Pharo où un Centre-Ville Pour Tous n’a pas été convié).

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