Communiqué de presse, alors que le procès en appel de la rue d’Aubagne s’ouvre ce 2 novembre 2026

Des responsabilités dans toute la chaîne du logement ont été établies en première instance malgré des niveaux de condamnation insuffisants, mais il nous semble, depuis notre lutte historique sur les questions de logement et dans le respect des attentes de justice de familles de victimes, que les responsabilités politiques directes et indirectes ont été presque oubliées de ce procès.

Quand on parle de responsabilité indirecte, il s’agirait enfin de reconnaître les stratégies racistes d’abandon manifeste d’une population soumise a l’insalubrité et au péril, les stratégies manifestes de pourrissement du bâti pour évincer des populations précaires du centre-ville et offrir à des investisseurs des immeubles à bas prix, pour les rénover à la va vite grâce à des aides publiques et avantages fiscaux, et faire d’énormes plus-value par la suite. C’est l’histoire de notre centre-ville qui continue de se dérouler aujourd’hui, une histoire de connivence entre les milieux politiques et de l’immobilier, que Xavier Cachard, l’un des prévenus, incarne parfaitement.

Quand on parle de responsabilité directe, c’est de reconnaître que la ville avait les moyens de faire exécuter d’office les travaux nécessaires à la sauvegarde des immeubles effondrés. Elle en avait tellement les moyens qu’un budget était dédié expressément, comme le prévoit la loi, à ces travaux, et que des marchés de travaux avaient même été contractualisés. Il manquait seulement une chose, une direction politique et la signature d’un bon de commande pour faire exécuter ces travaux. L’institution doit également être mise en cause à travers Marseille Habitat, dont on ne peut comprendre son blanchissement.

Enfin, nous vous enjoignons, vous les médias indépendants garant de la démocratie, à interroger le maire de Marseille sur les dépenses liées à la défense de Julien Ruas. 365 000 euros ont été payées par nos impôts pour les avocats de l’ancien adjoint, 70 % du montant de l’ensemble des dépenses liées à la protection fonctionnelle sur les 5 dernières années !

Nous sommes donc aussi ici pour dire que cet entre soi d’une classe dirigeante de grands privilégiés qui se protègent quelques soit son bord politique, nous ne l’acceptons pas. Nous avons, avec le soutien de députés, interrogé la ville, qui nous a en substance répondu qu’il s’agissait d’un procès hors norme, et qu’à ce titre, aucun encadrement des prix n’était fixé. C’est révoltant, insupportable. Et c’est aujourd’hui aux médias de s’en saisir car il s’agit ici de transparence de l’information et, au fond, d’équité devant la justice.